« Il fallait bien avoir des rêves dans la
vie, pour connaître la satisfaction et la fierté, ou la déception
et la honte... »
Il est tôt encore ce matin, j'arrive pas à dormir avec
la lumière du jour. Le même rituel chaque jour, je colle mes deux
mains l'une à l'autre, formant ainsi une coupelle avec laquelle je
récupère un peu d'eau dont je m'asperge le visage, pour vraiment
sortir du sommeil.
Dans les petites villes comme celle ci, rien n'est
encore ouvert, je n'ai qu'a attendre l'ouverture de la boulangerie,
en me promenant dans le parc, comme chaque jour.
Il fait frais, froid même, pour un mois de
mai.
Un moineau s'envole en me voyant passer, il se pose
sur une branche de noisetier et m'observe, intrigué.
Je m'installe au soleil, dans un coin un peu à
l'écart, comme si je ne voulais pas déranger, ou être dérangé,
alors qu'il est si rare de croiser quelqu'un à cette heure de la
matinée.
Un objet des plus précieux à mes yeux, qui se trouve
toujours dans la poche droite de mon manteau n'allait pas tarder à
en sortir et en laissant échapper quelques notes, aidera le temps à
s'écouler bien plus vite.
De ce voyage au Pérou ne me reste que quelques
souvenirs et ce siku, cette flute de pan qui a bien vieillit à
force des années à jouer. Il y a quelque chose de magique dans cet
instrument, les mélodies qu'il joue sont des pont qui mènent au
Rêve.
La vieille cloche de l'église sonne les 7 heures. Il
est temps de quitter le parc pour aller chercher le journal et un
croissant chaud.
La porte de la boulangerie décorée de croissants,
pains au chocolat et autres viennoiseries donnerait presque faim
rien qu'à la regarder mais le vrai piège est derrière. Quand on
ouvre cette porte et que les odeurs de pain chaud viennent nous
chatouiller les narines.
« bonjour madame Roignant, comme d'habitude s'il
vous plait »
« Toujours aussi matinal Sam, voici votre
croissant, passez un bonne journée »
Tout en lisant le journal, je fini mon croissant, il
va bientôt être l'heure d'aller travailler.
Les habitant d'Opinoir sortent de leurs terrier, pour
la plupart il faut emmener les enfants à l'école avant d'aller
travailler, dans les bureau ou dans les champs.
Et la journée se passa et c'est bien fatigué, qu'au
soir je retourne me coucher.
Un matin de plus, un peu avant 6 heure, je m'asperge
le visage de cette eau froide, toujours le même quotidien, il y a
des jours comme ça, on en peux plus de faire exactement la même
chose que la veille et l'avant veille.
Enfin, rien ne change cette répétition, comme si un
musicien ne jouait plus que la même note, pendant des heures de
concerto, que les portes de la salle de concert étaient verrouillé,
je ne peux y échapper.
Dans mon enfance, j'étais sammy, le petit sammy et du
haut de mes 10 ans, je voyais mes parents et leurs amis
s'émerveiller devant mes dessins, mes peintures, alors j'ai étudié
l'art et je suis tombé amoureux de la douce odeur de la peinture à
l'huile,si délicate et si belle.
Une fois adulte, j'ai tout essayé, les autoportraits à
la méthode de Rembrandt, le baroque, le cubisme, le surréalisme,
pour ne citer que ceux là.
J'aurais plus gagné en vendant peinture, pinceaux et
toiles vierges, qu'en vendant de vendre une seule toile terminée
!
Et c'est
ainsi, avec tout ces échecs que le jeune homme plein d'espoir que
j'étais a perdu, sa femme, son appartement, ses parents désormais
en maison de repos et son plus grand rêve.
Un soupir et
il faut quand même y aller, "c'est bien beau de repenser au passé
mais ça ne va pas te nourrir vieille bourrique !"
je
m'installe sur la place, comme chaque jour, et joue, je me
concentre sur ma musique pour éviter de penser.
Et les
passants défilent, parfois sans me voir, souvent sans un regard ou
alors il est mauvais "toujours ce même déchet !" rarement un
sourire, une ou plusieurs pièces tombent au fond de mon vieux
chapeau dans un petit bruit métallique si doux à mon oreille, même
s'il perturbe ma mélodie, car c'est la perspective d'un repas qui
sonne ainsi. Parfois même un petit mot "courage", "vous jouez
vraiment bien", ces voix là me feraient presque verser une
larme.
Il commence
à se faire tard, je me lève pour "rentrer chez moi" quand une jeune
femme m'interpelle soudain.
"Monsieur !
Vous êtes bien Samuel Belisar ?"
il y avait
bien longtemps que je n'avais entendu ce nom, les rares personnes
qui me parlaient encore un peu m'appelaient Sam, le vieux Sam, la
dernière fois que j'ai entendu ce nom c'était... quand on me mit
dehors et qu'une association d'aide aux sans domiciles a bien voulu
m'acheter mes toiles pour une bouchée de pain "une bouchée de pain
pour quelques croutes, c'est bien assez"
"oui c'est bien moi, je peux faire quelque chose ?"
"Vous étiez
peintre avant non ?"
"oui..."
Décidément
cette femme essayait de raviver les anciennes blessures.
"j'ai acheté
une de vos toiles que j'ai trouvé vraiment belle, je vous ai
cherché pour vous demander si vous vouliez pas me rendre un
service. Venez boire un verre qu'on parle de ma commande, ce sera
plus agréable, je vous invite"
Toute
souriante elle me tendait la main, cette jeune femme toute frêle
sentant la rose qui tendait une main d'enfant a un vieil homme
sentant la vase.
Je crois que
les anges existe ou si ce n'est un ange, c'est une fée, cette scène
deviendra un tableau pour sûr !
Un tableau
que je lui dédirai.
voici une seconde nouvelle que j'ai enfi reussi a finir, malgres
tout les contre temps de la journée, c'est pas trop tôt !